as slow as possible — collectif curatorial en résidence — 2023/2025
38

Rémunération du travail artistique

L’ouverture d’un espace d’art indépendant à Genève engendre pour nous naturellement la question du financement et de la rémunération. Dans un contexte où la production de contenus artistiques est communément rétribuée sous la forme de l’exposition, l’économie de l’art – surtout au niveau autogéré ou alternatif – se fait sur la base d’un travail gratuit, d’une force de travail non-payée. Dans notre projet, nous intégrons les formalités administratives à notre réflexion théorique sur la création d’un espace indépendant à Genève. Nous considérons ainsi les recherches et demandes de financement comme faisant partie intégrante de notre démarche curatoriale.

Cela nous permet d’esquisser de nouvelles structures qui pourraient être mises en place, dans l’optique d’une transition entre le modèle actuel de financement de l’art contemporain et un modèle plus égalitaire, favorisant la création indépendante et non-structurée par les rapports de pouvoir et de concurrence inhérents au système en place. Dans ce cadre, nous considérons que la mise en place systématique de cachets symboliques pour toute production de contenus artistiques est nécessaire dans la  dynamique d’un changement de statut du travailleur culturel. En nous engageant dans une réflexion sur les modes de régulation et de rémunération possibles à mettre en place dans un projet comme le nôtre, nous nous appuyons sur l’initiative états-unienne W.A.G.E. Le but de cette dernière est de réguler le travail artistique à travers la mise en place d’une certification pour les institutions à buts non-lucratifs qui garantissent dédier une partie de leur budget aux cachets pour les artistes. Dans le cadre de nos activités, nous appliquons donc le barème de rémunération par cachets institué par W.A.G.E. En plus de la prise en charge des frais de production et des éventuels frais de transport et de logement, un cachet est ainsi versé à chaque artiste intervenant dans l’espace 3353.

Artiste est à entendre au sens large et comprend ici : les artistes visuel.le.s, les interprètes, les théoricien.ne.s, les chercheur.euse.s, les curateur.trices.s, les danseur.euse.s, les poètes, les cinéastes, les écrivain.e.s et les musicien.ne.s, entre autres.

Repenser le statut des travailleur.euse.x.s cultuel.le.x.s à Genève  Publication 3353 – version juin 2019
Recherche et textes de Julie Marmet
Soutien pour la rémunération des artistes : Fondation Bea pour Jeunes Artistes

Barème appliqué

Dans le cadre de nos activités, nous appliquons le barème de rémunération par cachets institué par W.A.G.E. En plus de la prise en charge des frais de production et des éventuels frais de transport et de logement, un cachet est ainsi versé à chaque artiste intervenant dans l’Espace 3353.
Pour commencer, W.A.G.E. établit une différenciation de barèmes en fonction du budget annuel des dépenses opérationnelles d’un espace. Dans ce cadre, un niveau plateau, le Floor Wage, est la référence pour les espaces dont le budget annuel est situé en dessous de 500’000 dollars. 3353 étant situé dans cette catégorie, nous payons des cachets fixés par ce niveau plancher (ou plus élevés).
Pour 3353, le barème plancher employé est calculé comme suit :
–  Exposition solo  : 1000 CHF
–  Exposition de 2 personnes : 500 CHF par artiste
–  Exposition de groupe (3 – 5 artistes) : 250 CHF par artiste
–  Exposition de groupe (6+ artistes) : 150 CHF par artiste
–  Performance d’un travail déjà existant : 300 CHF
–  Performance commandée, nouveau travail : 600 CHF
–  Lecture ou conférence  : 250 CHF

Ici et ailleurs

–  G.A.R.A.GE (CH)
–  Wages for Wages against (CH)
–  Rosa Brux (CH)
–  Association Labs of Arts (CH)
–  Morris Mendi (CH)
–  Economie solidaire de l’art (FR)
–  Mondriaan Fund (NL)
–  Precarious Workers Brigade (UK)
–  W.A.G.E. (US)
–  C.A.R.F.A.C. (CA)