LE COMTE DU W. BONATTI  ◊  Niels Schack ◊  vernissage jeudi 14 novembre 18:00-22:00

Aujourd’hui pour oublier

 

Nadia Elamly
Collectif GALTA (Aurélien Reymond & Medi Spiegelberg)
Reto Müller
Association Contrepoint (Marie Mayoly & Sebastian Vargas)

Aujourd’hui, pour oublier, on récupère une fontaine en pierre, des fragments de marbre, on construit un banc et on assemble des combinaisons confuses, on filme une piscine vide, un autre banc, unterrain de sport, une tour et un parc pour que tous les gens qui habitent dans la tour puissent s’asseoir sur le banc et l’autre banc, regarder lafontaine qui coule tout le temps, se souvenir de quand il fait beau et que la piscine vide est pleine, se réjouir de quand il fera beau à nouveau.

Une fontaine inclinée, pour qu’on puisse enfin voir en dessous, pour permettre à l’eau aujourd’hui absente de continuer à se vider. Elle participe à la genèse de l’espace public qui s’organise selon un besoin physiologique autour/dans l’espace ritualisé. En apesanteur, le bassin est ainsi déposé sur une structure qui permet à l’espace d’art de supporter sa réalité physique.

Sur les écrans, le mouvement des caméras floute les notions d’espace et de temps, traverse quatre pays de l’ex-Bloc soviétique – les objets architecturaux deviennent des personnages au sein d’une utopie moderniste qui n’est plus. La dynamique de l’élévation, dans l’image filmique comme dans le geste architectural, plante ces sculpturesbrutalistes dans un paysage pensé pour une autre réalité, qui sembleaujourd’hui figée.

L’aménagement se poursuit à l’extérieur, où le banc, gure urbaine en voie de disparition, invite à retisser des pratiques sociales. Explorer ce qu’il reste de commun, d’hospitable, d’habitable et proposer des possiblesstratégies de reconstruction. La matérialisation d’une recherche autour d’une pensée des communs, d’une pratique de savoir-faire-accueil, comme stratégies d’opposition au développement de la ville hostile.

Au sol, des marbres de Carrare annoncent une combinaison implicite entre plusieurs personnes, objets, matérialités et géographies. Des fragments de l’excavation, le croquis de deux îlots qui ne se rejoignent qu’en hiver, la présence d’Amen. Un(e) montag(n)e de formes et de gestes aux identités oues qui passent du chantier à la ferme, de la matière première à l’essai filmé.

Pour faire écho à l’utopie qu’est l’ouverture d’un espace d’art, l’exposition inaugurale de l’Espace 3353 regroupe les travaux d’artistes, chercheurs,designers et architectes autour de propositions sur les utopies de l’agencement de l’espace urbain et social – peut-être nalement, du vivre-ensemble.

Aujourd’hui pour oublier, le mois prochain pour redessiner (Paul Eluard)

Texte d’exposition et biographies des artistes

EASTERN TAPES – vidéos, son, 2018 – Association Contrepoint (Marie Mayoly & Sebastian Vargas)

LA FONTAINE – installation, 2018 – Collectif GALTA (Aurélien Reymond, Medi Spiegelberg)

EASTERN TAPES – vidéos, son, 2018 – Association Contrepoint (Marie Mayoly & Sebastian Vargas)

DE L’ESPACE INUTILE – installation, édition, posters, 2018 – Nadia Elamly

EASTERN TAPES – vidéos, son, 2018 – Association Contrepoint (Marie Mayoly & Sebastian Vargas)

POUR OUBLIER – installation, vidéo, dessins, présences, 2018 – Reto Müller

POUR OUBLIER – installation, vidéo, dessins, présences, 2018 – Reto Müller

DE L’ESPACE INUTILE – installation, édition, posters, 2018 – Nadia Elamly